Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog


25.01.2012

RETABLISSONS LA VERITE SUR LE TRACT DE L'UMP

 
 

 

 

 

 
 

12.01.2012

Les Médias chiens de garde du pouvoir ?

"Les journalistes sont grisés et aveuglés par le pouvoir"

Par (LEXPRESS.fr), publié le 12/01/2012 à 07:00, mis à jour à 12:39

 
"Les journalistes sont grisés et aveuglés par le pouvoir"

L'affiche du documentaire Les Nouveaux chiens de garde

DR

Dans un documentaire pamphlétaire, Les nouveaux chiens de garde, Yannick Kergoat et Gilles Balbastre démontent la mécanique suspecte des médias. Entretien. 

Faire ce documentaire a-t-il été compliqué?

Yannick Kergoat: Il a fallu deux ans et demi, entre le début de l'écriture et celui du tournage. Le film a été entièrement produit et financé par un seul homme: Jacques Kirsner. Il est d'ailleurs à l'origine du projet. Il n'a eu aucun soutien des chaînes de télévision, ce qui n'est pas surprenant, ni des instances du cinéma. Ces derniers ont trouvé notre film "pas assez cinématographique". L'ironie est que nous avons eu cette réponse le jour même où le film remportait le Grand Prix et le Prix du public au Festival de Valenciennes. 

Que pensez-vous de la façon dont la télé se regarde via un nombre croissant d'émissions dites de décryptage?

Il est vrai que depuis 6 ans, se sont développés des émissions sur la télévision. Mais, comme le prophétisait le réalisateur Pierre Carles, ce type de critique est rapidement devenu un produit médiatique comme les autres, totalement désarmé de ses composantes politiques. Ces émissions ne viendront jamais remettre en cause la propriété privée des médias ou le poids des annonceurs dans la dégradation de l'information! Cela reste donc très superficiel. C'est pour cette raison que nous n'avons pas voulu apparaître dans Le Grand Journal de Canal Plus, malgré leur invitation. Nous voulions vraiment nous distinguer. Cela ne m'empêche pas de trouver le travail de Yann Barthès plutôt drôle et souvent pertinent, mais nous ne parlons pas de la même chose. La vraie critique des médias se trouvent dans les livres de Pierre Bourdieu, Serge Halimi, les films de Pierre Carles, les articles du Monde Diplomatique, de PLPL, du Plan B ou enfin dans des actions d'une association comme l'Acrimed, dont je suis membre. La critique des journalistes ne doit pas être réservée aux journalistes eux-mêmes. Elle se doit d'être politique.  

Rien n'empêche ces deux niveaux de critiques de coexister. Qu'est-ce qui vous dérange le plus dans le fonctionnement des médias?

Nous déplorons qu'au sein même de l'espace médiatique qui est le légitimateur absolu, voir un certain nombre de débats très importants se réduire à très peu de choses, à des oppositions de surface. Prenons par exemple l'expertise économique. Seule une poignée d' "experts" est systématiquement invitée sur les plateaux de télé, dans les tribunes des journaux pour donner leur vision de l'économie. Ils sont présentés sous le titre d'expert, définit par leur seul titre universitaire, jamais pour le rôle qu'ils jouent dans l'administration, le fonctionnement de grandes sociétés, les multinationales, les fonds d'investissement... Cette alliance de fait entre un certain type de journalistes et un certain type d'experts est pervers. Aujourd'hui ce sont ceux qui hier ont défendu les systèmes responsables de la crise qui continue de la commenter. On marche sur la tête!  

N'avez-vous pas eu la tentation d'interroger les personnes que vous dénoncez?

Bien sûr que non! Il n'en a jamais été question. Ces hommes et ces femmes ont suffisamment de tribunes pour s'exprimer s'ils le souhaitent. Nous n'allions pas leur tendre en plus un micro supplémentaire. Il y cette phrase de Jean-Luc Godard: "l'objectivité ce n'est pas 5 minutes pour Hitler, 5 minutes pour les Juifs". Nous ne sommes pas dans ce genre d'équilibre là. Pierre Bourdieu n'a jamais dit qu'il ne fallait pas que les intellectuels aillent dans les médias, mais que ceux-ci ne viennent pas y chercher une quelconque légitimité. 

La situation de la France est-elle selon vous particulièrement catastrophique?

Chaque pays a sa singularité. En Italie, la télévision est toujours la coupe de Silvio Berlusconi. On a souvent valorisé les médias anglo-saxons pour leur indépendance, or la récente affaire Murdoch a prouvé qu'il n'en était rien. Une chose est certaine, en France la connivence entre les élites du journalisme, du pouvoir politique et économique est très forte. Prenez les fameux repas du Siècle, qui réunissent ces élites autour d'une même table, un tel rapprochement serait par exemple, inconcevable dans les pays nordiques, où il est interdit de réunir ensemble un haut fonctionnaire et un homme politique.  

Il ne me paraît pas aberrant que des experts échangent entre eux...

Oui mais que viennent y faire des journalistes? L'une des règles d'or de ces dîners est que rien ne doit filtrer. Le journaliste ne vient donc pas relayer une information mais se "socialiser" auprès de certaines classes et certaines élites. Je pense que les journalistes sont très sincères dans leurs démarches, ils sont juste grisés et aveuglés par le pouvoir.  

Certains vous reprocheront peut-être le caractère "simpliste" de votre analyse. Que leur répondez-vous?

Les questions que nous posons sont effectivement simples. Il suffit de répondre par oui ou par non. Est-ce normal qu'un journaliste fasse des ménages pour des groupes industrielles ou que la femme d'un ministre des affaires étrangères alors en exercice soit nommée par le chef de l'état directrice générale de l'Audiovisuel Extérieur de la France? Nous revendiquons le côté satirique de notre film. C'est un pamphlet, un combat pour réveiller les consciences. Nous grossissons volontairement le trait par moment, mais derrière il y a toujours des arguments précis.  

Comment envisagez-vous l'avenir des médias?

Il faut casser la dérégulation des médias, la logique de concentration, de marchandisation de l'information et la commercialisation des entreprises de presse. Les médias ne vont bien-sûr pas s'auto-réguler eux-mêmes, il faut des décisions politiques. Le seul objet de ce film finalement est de faire redevenir la question des médias une question politique. Il y a vingt ans quand Robert Hersant rachetait un média, les gens étaient dans la rue. C'était un vrai enjeu de société. Aujourd'hui, cela paraît normal... 

 

10.01.2012

lettre de LIEM HOANG NQOC

la lettre de Liem hoang Ngoc de décembre 2011.pdf

 

01.12.2011

Peut-on faire confiance à un Président qui ment tout le temps ?

Ce que Sarkozy disait à Toulon en 2008, ce qu'il a fait

Par , publié le 01/12/2011 à 15:43, mis à jour à 15:48

  • Ce jeudi soir, Nicolas Sarkozy a choisi Toulon, où il avait prononcé en 2008 son premier discours sur les dérives du capitalisme financier, pour exposer la stratégie économique des prochains mois. Retour sur des promesses et des faits. 

En septembre 2008, L'Express parlait du 1er discours de Toulon comme d'un tournant dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Alors que le président de la République a de nouveau choisi la cité varoise pour y expliquer, ce jeudi, sa politique économique, retour sur quelques promesses faites il y a trois ans... et sur ce qu'il en a fait. 

 

CE QU'IL A DIT

"Si l'activité venait à reculer fortement et durablement, je n'hésiterais pas à prendre toutes les mesures nécessaires pour la soutenir (...) "Dans la situation où se trouve l'économie, je ne conduirai pas une politique d'austérité qui aggraverait la récession". 

Ce qu'il a fait: "Parce que la France est aujourd'hui solidement ancrée dans l'Europe, son actuel président (s'affranchira-t-il) des règles communautaires?" s'interrogeait Corinne Lhaïk. C'est ce qu'il laissait entendre - et que confirmait à demi-mot son entourage: priorité à la relance dans l'équilibre. Depuis, la réalité l'a rejoint et l'heure est aujourd'hui, sous l'autorité de l'intransigeante chancelière allemande, qui a remporté son bras de fer avec le président français, au rétablissement des comptes avant tout prix. A... l'austérité, pour ne pas dire à la rigueur. 

Ce qu'il devrait dire ce soir: Défendre, au nom du réalisme, le virage de l'austérité, tout en rappelant qu'il a bataillé ferme avec les Allemands sur le rôle moteur des institutions financières européennes dans une hypothétique reprise, et que la bataille n'est pas encore terminée. Dire aussi, une fois de plus, que la crise s'est aggravée malgré lui. 

CE QU'IL A DIT

"Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage sanctionnés au moins financièrement (...) L'impunité serait immorale. On ne peut pas se contenter de faire payer les actionnaires, les clients et les salariés les plus modestes en exonérant les principaux responsables." 

Ce qu'il a fait: pas grand chose. Ostracisé avec l'Europe quelques paradis fiscaux supplémentaires. Haussé le ton contre les banques renflouées par l'Etat, qu'il a rappelées à leurs devoirs - sans les contraindre formellement à le faire. Et accentué la pression sur les clients, les salariés les plus modestes, ces classes moyennes qui sont les principales victimes de la crise. 

Ce qu'il devrait dire ce soir: que les banques sont plus que jamais indispensables à la vie économique du pays, que les banques françaises se sont autorégulées et qu'il faut faire avec elles, et pas contre elles. 

CE QU'IL A DIT

"Je n'hésite pas à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent désormais être encadrés. Il y a eu trop d'abus, trop de scandales. Ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables, ou bien le gouvernement de la République règlera le problème par la loi avant la fin de l'année". 

Ce qu'il a fait: les rémunérations somptuaires se sont un temps faites plus discrètes. Avant de retrouver leur faste d'antan, selon ce principe que si la France ne les paye pas à leur valeur, les meilleurs des patrons iront voir ailleurs. Et il n'y a pas eu de loi. En 2010, les patrons du CAC 40 ont gagné 24% de plus qu'en 2009. 

Ce qu'il devrait dire ce soir: alors que les Français, essorés par les mesures anti-crise, supportent de moins en moins les écarts de rémunération, Nicolas Sarkozy encouragera sans doute les patrons à prendre leur part de l'effort national. Peut-être même élèvera-t-il la voix. Pour quel effet? 

CE QU'IL A DIT

"Je n'accepterai pas des hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d'achat des Français." 

Ce qu'il a fait: il n'a pas touché aux impôts - sauf au bouclier fiscal, tombé au champs d'honneur en juin dernier après des mois de résistance, et en contrepartie d'un allégement de l'ISF. Mais raboté quelques niches fiscales et, mercredi soir, porté le taux bas de la TVA de 5,5 à 7%

Ce qu'il devrait dire ce soir: répéter son credo, qu'on ne réduit pas la dette en augmentant les impôts mais en réduisant les dépenses, en s'attaquant à la fraude, fiscale et sociale, et aux privilèges fiscaux indûs. 

CE QU'IL A DIT

"J'assume la décision de financer le RSA en taxant légèrement les revenus financiers qui depuis des années augmentent plus vite que les revenus du travail". 

Ce qu'il a fait: ce qu'il a dit. Malgré l'opposition d'une partie de sa majorité, celle qui a finalement eu la peau de Martin Hirsch, l'inventeur du RSA. Certes, le versement du Revenu de solidarité active pourrait être conditionné à des heures de travail obligatoire, mais il existe. 

Ce qu'il devrait dire ce soir: il n'en parlera pas. Le sujet est sensible et divise l'UMP. Nicolas Sarkozy n'a pas intérêt à rallumer le feu.